| Nos inquiétudes : Le vote des modalités de passage au LMD avait de quoi nous inquiéter. En effet, dans une grande partie des universités de France, ont été observés des reculs notoires des droits étudiants. Les exemples sont légions : suppression de la compensation annuelle, qui seule permet la prise en compte de la progression de l'étudiant tout au long de l'année (Besançon, Brest, Chambéry), réintroduction de notes éliminatoires (Grenoble 3, Caen), remise en cause de la session unique de rattrapage (Lyon 3, Paris 5), etc. L'UNEF, partout en France, dans les conseils, et dans la mobilisation quand cela fut rendu nécessaire, a dénoncé les dérives de l'application de la réforme LMD, pourtant prometteuse puisqu'elle était censée permettre, à l'origine, une harmonisation européenne des diplômes. A Paris 2, furent organisées par l'UNEF, l'an dernier, des Assemblées Générales d'information des étudiants, en parallèle de discussions avec l'administration. Notre but était double. Il fallait tout d'abord de préserver nos droits en matière d'offre de formation. En effet, l'application de la réforme LMD s'est très souvent soldée par des attaques contre les filières pluridisciplinaires : éco-socio (notamment à Paris 10), ou encore la filière AES à Paris 2. En effet, un premier projet supprimait la maîtrise AES (administration économique et sociale, qui propose des enseignements d?économie et de droit), mention AGT (administration générale territoriale). Il fallait ensuite de préserver nos droits en matière de modalités de contrôle des connaissances. L'UNEF gagna, suite aux mobilisations étudiantes de 1995, le droit à la compensation annuelle : un 9 au premier semestre est compensé par un 11 au second. Dans le cadre de la réforme LMD, de nombreuses facs ont supprimé purement et simplement cette compensation, et il s'agissait de rester vigilants sur ce terrain-là. La présidente de l'Université, Mme Jacqueline Dutheil de la Rochère, nous promettait à l'époque (mi-décembre 2003) que rien ne changerait à Assas. Un an après, le mercredi 8 décembre dernier, le Conseil d'Administration de l?université procéda au vote. Pour préparer le Conseil le plus important des deux années de mandat des élus étudiants, l'UNEF voulu obtenir une nouvelle fois l'assurance du maintien des droits étudiants, tant en terme d'offre de formation que de modalités de contrôle de connaissance. Fut donc organisée une conférence sur l'application du LMD à Paris, en présence de la Présidente de l'Université : malheureusement, elle se refusa à annoncer publiquement les changements dus à l'application du LMD à Paris 2, pourtant évoqués plus d'une fois après un an de négociation avec ses services. Pour s'assurer un soutien étudiant indispensable en conseil, l'UNEF fit signer une pétition à l'ensemble des étudiants, demandant le maintien de nos droits, notamment en matière de compensation et de session unique de rattrapage. Cela permit également d'informer directement plus de 1 200 étudiants de leurs droits actuels et de leur expliquer quels dangers pouvait représenter une mauvaise application du LMD dans leur université. Si les discussions avec la Présidence ne nous laissaient pas présager d?un bouleversement à Paris 2, il était néanmoins probable que soient faites des propositions de recul des droits étudiants : « mieux vaut prévenir que guérir », comme on dit. Les droits étudiants sauvergardés : Au final, le Conseil d'Administration du 8 décembre dernier fut une grande victoire pour les étudiants. Les étudiants de Paris 2 ont pu conserver l'ensemble de leurs droits : maintien de la compensation annuelle, inter et intra semestrielle, et absence de notes planchers, maintien de la session unique de rattrapage en septembre, le maintien de la maîtrise AGT en AES. Les rapports avec la Présidence étant particulièrement bons, l'UNEF plaça également le débat sur d'autre points, voyant en ce vote une occasion de se faire entendre sur d?autres revendications. Et une fois encore, nous avons été écoutés. En effet, l'UNEF a pu obtenir : la création d'une Licence de Sciences Politiques (L1+L2+L3), avec la première année commune avec celle de droit, la création d'un Master unique de droit, permettant ainsi à notre offre de formation d'être plus lisible, l'instauration d'un véritable régime optionnel en Licence et Maîtrise, afin que les étudiants salariés et en double cursus puisse poursuivre leurs études dans de meilleures conditions. Ainsi, le passage au LMD à Paris 2 fut une réussite, de tous les étudiants. Mais également de l'UNEF. Rappelons que nos élus furent les seuls à siéger pendant toute la durée du Conseil, alors même que, outre le LMD, était voté le budget de l'université. L'UNEF fut la seule organisation de la fac à se mobiliser en amont, afin de prévenir tout recul des droits étudiants : Assemblées Générales, d'où l'instauration d'un rapport de force favorable avec l'administration, conférence, pétitions. Seule l'UNEF s'est préoccupée des droits étudiants, pourtant grandement menacés par l'application de la réforme LMD. L'importance des élus étudiants n'est plus à démontrer lorsqu'il est évident que c'est en conseil que tout se joue : nous en avons encore eu la preuve, avec le vote du LMD à Paris 2. Thalia Breton |
